Mon engagement en Cancérologie au Centre Ressource
Il y a des chemins qui ne sont pas linéaires…
Mais qui, avec le recul, prennent profondément sens.
Avant de devenir praticienne en Shiatsu, j’ai travaillé plusieurs années dans l’industrie pharmaceutique, en cancérologie.
J’ai appris à connaître les protocoles de chimiothérapie, d’immunothérapie, d’hormonothérapie. J’ai compris la technicité, la rigueur, la puissance de la médecine moderne.
Mais j’ai aussi vu autre chose.
J’ai vu le moment de l’annonce.
Le silence après le mot “cancer”.
Le regard qui vacille.
Le tsunami intérieur que cette maladie provoque.
Je me suis souvent dit à cette époque :
Si un jour je travaille dans le soin, j’aimerais accompagner ces patients autrement.
Une continuité évidente
Lorsque je me suis reconvertie au Shiatsu, cette évidence est revenue.
J’ai alors recontacté un oncologue que je connaissais à Aix-en-Provence, le Docteur Jean-Loup Mouysset, fondateur du Centre Ressource.
Ce centre est un lieu unique.
Il propose un accompagnement global et gratuit aux personnes touchées par le cancer, en complément des traitements médicaux. Plus de 150 bénévoles y interviennent : thérapeutes, psychologues, enseignants en activité physique adaptée, sophrologues, nutritionnistes…
Un véritable espace de soutien, d’écoute et d’humanité.
Aujourd’hui, j’y interviens une fois par semaine en tant que bénévole pour proposer des séances de Shiatsu.
Pourquoi le Shiatsu en cancérologie ?
Le Shiatsu ne soigne pas le cancer.
Il ne remplace aucun traitement.
Il ne promet rien.
Mais il soutient.
Les personnes que je reçois sont majoritairement des femmes (les hommes sollicitent encore peu ce type d’accompagnement).
Beaucoup ont :
- des bouffées de chaleur liées aux hormonothérapies
- une fatigue intense
- des douleurs articulaires
- des nausées
- des troubles du sommeil
- une grande anxiété...
Le corps est éprouvé.
Le mental aussi.
Le Shiatsu permet un relâchement profond du système nerveux.
Il favorise une meilleure circulation, aide à diminuer certaines tensions, améliore la qualité du sommeil et procure surtout une sensation de sécurité corporelle.
Et parfois, c’est déjà immense.
Ce que je constate séance après séance
Ce qui me touche le plus, c’est la possibilité de suivre ces patients dans le temps.
Je vois les visages se détendre. Les sourires revenir.
Les respirations devenir plus amples.
Les corps se relâcher.
Certaines me disent :
- “Je me sens reposée.”
- “Mes bouffées de chaleur sont moins intenses.”
- “Je dors mieux après la séance.”
- “J’ai senti des parties de mon corps inconnues jusqu’à lors .”
Il ne s’agit pas de miracle.
Il s’agit de soutien.
Dans une période où tout peut sembler échapper au contrôle, retrouver un espace où le corps est accueilli avec douceur et respect est profondément réparateur.
Accompagner la personne, pas seulement la maladie
Au Centre Ressource, on ne parle pas uniquement de cancer.
On parle de fatigue, de peur, de féminité bousculée, de couple, de travail, de sens.
On pourrait s’attendre à de la gravité, du silence, de la tristesse.
Et pourtant… ce que je rencontre chaque semaine, c’est souvent tout l’inverse.
Il y a une solidarité naturelle, une bienveillance presque immédiate entre les personnes. Une compréhension sans avoir besoin de trop expliquer.
Je suis souvent touchée par leur optimisme.
Malgré les traitements, malgré la fatigue, beaucoup gardent une énergie étonnante. Elles avancent, s’adaptent, trouvent des ressources en elles qu’elles ne soupçonnaient pas.
Certaines disent qu’elles ont appris à ralentir.
D’autres qu’elles savourent davantage les petites choses.
Beaucoup développent une force tranquille, une capacité à relativiser qui force le respect.
Être bénévole dans ce lieu est un engagement du cœur.
Je viens pour accompagner…Mais je repars souvent enrichie ! Je ressens un énorme privilège de pouvoir exercer dans ce centre .
Le Centre Ressource est profondément cela : Un Lieu de VIE


